La Troisième Croisade

Forum officiel du groupe montbéliardais de heavy metal Phenix.

Modérateurs : redsinn, Responsables / Animateurs de sections

Avatar du membre
redsinn
Heavy Metal Maniac
Heavy Metal Maniac
Messages : 114
Enregistré le : 12 juil. 2004, 18:11
Localisation : Franche-Comté

Message par redsinn » 19 mai 2008, 22:28

C'est le titre d'une chanson épique du nouvel album, Immortal Flame, qui se décline en quatre mouvements. Voici les éléments qui ont aidé à l'écrire... Bonne lecture à tous ceux qui en auront le courage !!!

:knight:

La Troisième Croisade… et au-delà.
(Sources Internet diverses dont Wikipédia, l'encyclopédie libre).

La vie d’un croisé parmi d’autres : c’est ce que conte la chanson The Third Crusade.

Les croisés n’étaient pas des hommes d’église, et tous n’étaient pas nobles. Mais pour ceux de haute naissance, l’évolution de la condition matérielle et de l’idéal chevaleresque au cours du XIème siècle fit du départ en orient un moyen de s’affranchir de la contrainte du lignage, en un temps où le mouvement de paix et le resserrement des liens vassaliques limitaient les occasions d’aventure. La croisade réalisa la fusion de l’esprit féodal et des préceptes chrétiens sur lesquels notre civilisation se fondait alors : le chevalier réalisait au service du Christ et de l’Église son devoir vassalique [I serve The Church and (I) serve my King].

Notre conteur dans la chanson est donc un soldat de Dieu [Soldier of God that’s my life], un homme qui a la foi et un idéal de droiture, et même s’il n’est pas fait référence à son statut social, on l’imagine de noble condition. Il a choisi Dieu et son service, laissant derrière lui la fondation d’un foyer [I will never take a wife I’ll never raise my child with her] avec un certain regret quand même, mais pour servir un idéal, se sentant habité des certitudes que l’Église en instillé en lui [My faith is strong (...) We can’t be wrong Cause we believe]. Ainsi, quand le Pape appelle à la Troisième Croisade en 1187 [the Pope has called to war], il fait partie des troupes qui suivront Philippe en 1190.

La Troisième Croisade, qui fut proclamée en 1187 mais débuta réellement en 1189 et s'acheva en 1192, fut menée par les rois de France, d'Angleterre et avant eux l'empereur d'Allemagne, dans le but de reprendre la Terre Sainte à Saladin.

Saladin [Al-Malik an-Nâsir Salâh ad-Dîn Yûsuf, dit Salaheddine ou Saladin (1138-1193) fonda la dynastie ayyoubide, en Égypte et en Syrie. Son nom, an-Nâsir, signifie "celui-qui-reçoit-la-victoire-de-Dieu" et Salâh ad-Dîn signifie la "Rectitude-de-la-Foi"] régnait sur l'Égypte depuis 1169 et avait fait de l'éviction des chrétiens hors de Palestine le but de sa vie. Contrôlant l'Égypte et la Syrie, Saladin encerclait le royaume des Croisés ; le 4 juillet 1187, Saladin remporta la bataille de Hattin, et assiégea la ville de Jérusalem défendue par Balian d'Ibelin qui finit par capituler.

La Cité Sainte était à nouveau perdue… Les Premières Croisades sont d’ailleurs nées de l’interdiction d’accès aux lieux saints des pèlerins chrétiens par les Turcs après la prise de Jérusalem aux Arabes. Par la suite, l’enjeu des Croisades est devenu Jerusalem. C’est en 1187 que débute la chanson (Eleven Eighty Seven). Le conteur est un Chevalier de la Croix [Knight of the Cross], Jérusalem est tombée aux mains de Saladin et des siens [The Saracens have taken Jerusalem again] et la Troisième Croisade ne tardera pas à débuter… [The Third Crusade is on its way…] Elle commencera avec l’empereur d’Allemagne qui sera suivi après sa défaite par les rois français et anglais.

Dès son accession sur le Trône de Saint Pierre en octobre 1187, le pape Grégoire VIII voulut reconquérir les territoires perdus. Pour ce faire, il émit la bulle « Audita Tremendi » qui appelait à la Troisième Croisade en sollicitant l'aide des rois d'Angleterre et de France. Henry II d'Angleterre et Philippe Auguste cessèrent leur guerre l'un contre l'autre, et imposèrent la ‘’dîme saladine’’ à leurs sujets pour financer une nouvelle croisade. Bien que les souverains fussent d'accord pour partir ensemble, le départ de cette croisade fut très retardé car la France et l'Angleterre avaient repris les hostilités ; de plus, Richard Cœur-de-Lion, le fils d'Henry II, était rentré en conflit contre son père…

Ce furent finalement les rois Philippe II (dit Philippe Auguste) de France et Richard d’Angleterre [the LionHeart from England] qui prirent la croix pour mener leurs croisés en Terre Sainte, mais longtemps après l'empereur germanique Frédéric Barberousse qui essuya un échec cuisant.

Les deux rois et leurs troupes voyagèrent par voie maritime, ce qui est évoqué dans le deuxième mouvement (Rising…) de la chanson [Set the sail to the East (...) Days at sea are now behind and on the horizon we see the shore]. Le premier mouvement (Duty and regrets) parle de Chypre , destination initiale au départ des convois en Méditerranée (Philippe partit de Gêne et Richard de Marseille) mais les conditions météorologiques contraignirent les navires à faire halte en Sicile, et seul Richard passa ensuite par Chypre qu’il conquit d’ailleurs au passage. C’est Philippe, qui partit le plus tôt du refuge sicilien où il avait eut tout le temps de se quereller avec Richard pour arriver le premier sur le sol de la Terre Promise…

Richard et Philippe arrivèrent par la mer séparément en 1191. Mais pendant que Richard conquérait toute l'île de Chypre (qu'il vendit plus tard au roi de Jérusalem), Philippe était déjà arrivé à Tyr. Les opérations militaires avancèrent malgré le retard de Richard et les troupes ralliées par Philippe firent le siège de Saint-Jean-d'Acre.

C’est là, au pied de cette cité que se joua le sort du conteur de la chanson…

La cité connue dans le monde chrétien de l’époque sous le nom de Saint-Jean-d’Acre est en réalité Acre (en hébreu Akko ; en arabe Akka) une ville de l'actuelle Israël à quelques 150 km de Jérusalem. Cette ville sur la route de la Cité Sainte tomba d'abord aux mains des croisés. Reprise par le sultan Saladin le 9 juillet 1187, elle fut reconquise par le roi Richard Cœur-de-Lion durant la Troisième Croisade en juillet 1191. Elle devint au XIIIe siècle la capitale du Royaume de Jérusalem et le principal port de Terre Sainte.

Les Français arrivés les premiers sur les lieux puis rejoints par les Anglais percèrent seuls une première fois les murs d'Acre le 3 juillet.

C’est la bataille contée dans le deuxième mouvement [Days of thunder, of fury, the clash of steel will roar Hate and anger will dance with faith in a battle never seen before]. Malgré tout, cette victoire n’en fut pas vraiment une, car même si l’armée de Philippe Auguste mit à mal les Sarrasins, les troupes croisées françaises ne parvinrent pas à prendre cette cité se tenant sur la route de Jérusalem.

Richard arrivé en juin pour prendre le commandement du siège ne fit pas mieux que les Français jusqu’à ce que finalement l'armée de Saladin ne tente une percée qui échoua. Affaiblis, les assiégés capitulèrent rapidement le 12 juillet 1191. Les trois commandants chrétiens luttèrent alors pour le pouvoir entre eux : le commandant germain Léopold V d'Autriche souhaitait être reconnu de la même manière que Richard et Philippe, mais Richard enleva de la ville la bannière de Léopold qui partit.

Philippe, lui aussi lassé de l'attitude de Richard, quitta la Terre sainte en août. La mort du comte de Flandre survenue le 1er juin lors du siège de Saint-Jean-d'Acre, n'y était sans doute pas étrangère non plus : elle rouvrit le dossier sensible de la succession flamande, mais c’est une autre histoire...

Sur le chemin du retour, Philippe passa par Rome où le pape l'autorisa à quitter la Croisade. Le roi rentra à Paris le 27 décembre 1191, mais sans les croisés tombés au pied de Saint-Jean-d'Acre.

Mais notre conteur ne suivit pas son Roi et poussa jusqu’à Jérusalem avec une poignée de croisés français restant fidèles à l’Église et non un roi politicien…

Après la prise du port de Jaffa par Richard dans le but de lancer une attaque contre Jérusalem ; Saladin tenta de l'en empêcher en l'attaquant lors de la bataille d'Arsouf que Richard gagna de manière éclatante. Et en janvier 1192, Richard était prêt à marcher sur Jérusalem, mais Saladin avait obtenu des renforts et fortifié la ville. Richard arriva en vue de Jérusalem deux fois, mais dut reculer devant l'armée plus nombreuse de Saladin.

C’est là que se noua le destin de notre croisé, conté dans le troisième mouvement (… And falling) de la chanson. Il mourut aux portes de la Cité Sainte sans jamais pouvoir y entrer en pèlerin [On the field before me I can see so many warriors The battle for the Holy City will be the last for me]…

Le dernier et quatrième mouvement (Fading to Grey) n’est qu’une modeste réflexion sur ce que les religions engendrent alors que finalement, nos différences ne viennent pas d’un ou plusieurs Dieux. Dans cette allégorie, le conteur se retrouve dans un endroit après la mort où il constate que ses amis et ses ennemis sont tous réunis, que le Bien et le Mal ne sont pas aussi faciles à discerner et ne tiennent sûrement pas à une couleur de peau ou à la volonté d’un Dieu mais à des religions inventées par l’homme. Il est dans la nature humaine de se détruire l’un l’autre, de se détruire soi-même, et de se trouver des alibis, de préférence invérifiables, comme la religion. Et le croisé de comprendre trop tard qu’il a donné sa vie pour quelques puissants, que ce qu’il croyait être connaissance n’était qu’ignorance, qu’il a tué au nom de superstitions humaines, qu’aucun Dieu s’il existait ne réclamerait de massacres, et qu’il est passé à côté de bonheurs terrestres comme l’amour et la paternité par exemple…

Ne voyez là aucun propos moraliste, aucune volonté de choquer, aucune certitude sinon l’observation de millénaires d’histoire humaine, le constat de notre situation encore aujourd’hui au vingt-et-unième siècle, et la réflexion cartésienne et factuelle d’un simple humain idéaliste mais réaliste. Nous semblons voués à l’extinction et en prendre conscience ne nous permettra visiblement pas de l’éviter, simplement de nous sentir un peu plus seuls et totalement impuissants.

Heureux les simples d’esprits ? Aucun royaume ne leur est sans doute ouvert, en revanche, ils ne sont certes pas malheureux.

:knight:



Avatar du membre
YanniX
Hammerhead
Hammerhead
Messages : 45
Enregistré le : 15 mai 2008, 18:32

Message par YanniX » 20 mai 2008, 12:11

Quelle plume ce Redsinn :amour: :amour: :amour:
Ce qu'il y a de bien dans le Jazz, c'est que les fausses notes n'existent pas, pourvu qu'elles soient jouées avec suffisamment de conviction.

Avatar du membre
redsinn
Heavy Metal Maniac
Heavy Metal Maniac
Messages : 114
Enregistré le : 12 juil. 2004, 18:11
Localisation : Franche-Comté

Message par redsinn » 20 mai 2008, 21:31

YanniX a écrit :Quelle plume ce Redsinn :amour: :amour: :amour:
Faillot !!! :merci:
After the rain the sun will shine as it has never shined before
A wind of hope will clear the skies to let the light forever flow

Avatar du membre
Everflow
Enemy of Reality
Enemy of Reality
Messages : 45771
Enregistré le : 04 sept. 2002, 21:27
Localisation : Beyond Within

Message par Everflow » 21 mai 2008, 00:13

Tout ça pour faire comme Grave Digger :D

Nan je plaisante, c'est un sujet qui se prête bien à une mise en scène musicale épique!
I'm the lost one chasing colors to the sun
Colors bleed but never fade

Avatar du membre
redsinn
Heavy Metal Maniac
Heavy Metal Maniac
Messages : 114
Enregistré le : 12 juil. 2004, 18:11
Localisation : Franche-Comté

Message par redsinn » 21 mai 2008, 00:40

Everflow a écrit :Tout ça pour faire comme Grave Digger :D

Nan je plaisante, c'est un sujet qui se prête bien à une mise en scène musicale épique!
:tusors:
After the rain the sun will shine as it has never shined before
A wind of hope will clear the skies to let the light forever flow

Répondre Sujet précédentSujet suivant